Apprendre à s’ennuyer
Laisser du silence. L’esprit recommence à fabriquer.
DOOMER
Tout est accessible. Tout est expliqué. Tout est optimisé. Et pourtant, quelque chose manque.
Six portes. Six angles. Même malaise de fond.
Quand tout s’explique, le monde se vide.
Le réel devient plat : plus de zones floues, moins de fascination.
Trop d’images. Trop d’émotions. Rien ne reste.
Le cerveau s’épuise, l’attention se fragmente, l’imaginaire se ferme.
Le décor influence l’âme.
Neutralité partout : le monde ressemble à une interface.
Ton écran est immense. Ta vie paraît petite.
Voir toutes les vies sans bouger crée un décalage frustrant.
On avance, mais vers quoi ?
Moins de transcendance, plus d’optimisation : le quotidien devient sec.
Pas de miracle. Des gestes de résistance.
Ennui, effort, mains, nature, imaginaire : redonner du relief au réel.
Pas des solutions miracles. Des gestes simples.
Laisser du silence. L’esprit recommence à fabriquer.
Cuisiner, réparer, marcher. Ce qui coûte un peu rend le monde plus dense.
Pas pour être parfait. Pour matérialiser quelque chose qui vient de toi.
Sortir sans écouteurs parfois. Se remettre dans le décor.
Lire, jouer, apprendre sans objectif d’optimisation. L’inutile est vital.