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Dopamine, scroll & saturation

Trop d’images. Trop d’émotions. Rien ne reste.

Le cerveau s’épuise, l’attention se fragmente, l’imaginaire se ferme.

Act I

Le diagnostic

Illustration 1 — Dopamine, scroll & saturation

Une minute peut contenir trop de choses

Aujourd’hui, en l’espace d’une seule minute, tu peux voir énormément de choses.

Une vidéo tragique. Une vidéo drôle. Une vidéo de guerre. Une vidéo générée par IA. Une danse. Un message motivant.

Tout s’enchaîne sans pause, sans contexte, sans hiérarchie.

Et au final, cette minute n’a souvent servi à rien d’autre qu’à être consommée.

Un cerveau pas fait pour ce rythme

Le cerveau humain n’est pas conçu pour ingurgiter autant d’informations, d’émotions et de stimuli en si peu de temps.

Chaque vidéo déclenche une micro-réaction : surprise, tristesse, rire, colère, envie.

Mais avant même que tu puisses assimiler quelque chose, le contenu suivant arrive déjà.

Rien n’a le temps de s’imprimer. Tout glisse.

Quand la dopamine se dérègle

Le scroll fonctionne comme une machine à promesses : « la prochaine sera peut-être meilleure ».

Ton cerveau libère de la dopamine à chaque nouveauté.

Mais plus tu consommes, plus le seuil monte.

Résultat : ce qui te faisait plaisir avant devient fade, insuffisant, trop lent.

Ce n’est pas le contenu qui te manque. C’est la capacité à en profiter.

Illustration 2 — Dopamine, scroll & saturation

Signaux typiques

  • Tu ouvres une application sans vraiment savoir pourquoi.
  • Tu zappes même des vidéos qui pourraient t’intéresser, parce qu’elles sont trop longues.
  • Tu as du mal à commencer une tâche sans stimulation (musique, vidéo, téléphone).
  • Le silence te met mal à l’aise au lieu de te reposer.
  • Après avoir scrollé, ta vie est toujours la même… mais toi tu te sens plus vide.

Ce que le scroll abîme

L’imagination, remplacée par un flux constant d’images toutes faites.

L’attention profonde, nécessaire pour créer, lire, réfléchir ou simplement être présent.

La capacité à apprécier les choses simples, qui paraissent maintenant « pas assez ».

Micro-gestes pour calmer le flux

Illustration 3 — Dopamine, scroll & saturation

Apprendre à finir

Choisir un contenu et aller jusqu’au bout. Une vidéo, un article, un morceau. Réapprendre la notion de fin.

Créer de la friction

Rendre l’accès au scroll moins automatique : retirer l’appli de l’accueil, se déconnecter, compliquer légèrement le geste.

Laisser des moments sans stimulation

Marcher sans écouteurs, faire la vaisselle sans vidéo, s’ennuyer volontairement.

Revenir au corps

Bouger, respirer, ressentir le froid, la chaleur, l’effort. Le corps recale ce que l’écran dérègle.

Remplacer, pas juste supprimer

Un rituel simple : musique, lumière basse, silence. Pas pour être productif, juste pour être là.

Passer à la suite

Après des heures de scroll, le monde réel peut sembler fade, lent, insuffisant.

Et ce n’est pas seulement une question de contenu.

C’est aussi le décor dans lequel on vit qui commence à peser sur l’âme.

Act III

Clore / enchaîner