Créer un coin à toi
Même petit : une lampe chaude, un objet choisi, une ambiance. Un endroit précis change la perception d’un lieu entier.
Le décor influence l’âme.
Neutralité partout : le monde ressemble à une interface.
Act I

Le désenchantement ne vient pas seulement des écrans ou du contenu.
Il vient aussi des lieux dans lesquels on vit.
On a parfois la sensation que les décors d’avant avaient une couleur, une ambiance, une atmosphère à part.
Aujourd’hui, beaucoup d’espaces semblent neutres, lisses, interchangeables.
On traverse des lieux sans qu’ils ne laissent de trace.
De plus en plus d’environnements sont pensés pour être efficaces : circuler, consommer, repartir.
Lignes droites, couleurs mates, gris, blanc, matériaux froids.
Tout est propre, épuré, optimisé… mais souvent sans âme.
Ces décors ne nourrissent pas l’imaginaire, ils le calment, voire l’éteignent.
Ce n’est pas qu’une impression esthétique.
Il a été montré que des environnements trop froids, trop neutres, trop artificiels peuvent générer du stress, de l’anxiété et une forme de fatigue mentale.
Quand tout se ressemble, le cerveau n’accroche plus.
Moins de repères, moins de souvenirs, moins d’attachement.
“Un décor sans aspérités fabrique des journées sans relief.”

La sensation de foyer : un lieu qui te ressemble vraiment.
L’imaginaire : un décor nourrit l’histoire que tu te racontes sur ta vie.
Le calme réel, pas juste l’absence de bruit, mais une forme de douceur.
L’envie de rester, de ralentir, de contempler.

Même petit : une lampe chaude, un objet choisi, une ambiance. Un endroit précis change la perception d’un lieu entier.
Plus chaude, plus basse, plus directionnelle. La lumière transforme un espace sans le reconstruire.
Bois, tissu, plante, papier, céramique. Les matières réelles recalent le cerveau.
Photo, affiche, livre, objet trouvé. Pas pour faire joli, mais pour ancrer une histoire.
Vieilles rues, cinémas, bibliothèques, friperies, quais, forêts. Pas des espaces standardisés.
Enlever 10% de ce que tu vois. Moins de signaux = plus de présence.
Quand les lieux sont neutres et que l’attention est déjà saturée, on cherche ailleurs.
Et l’endroit le plus accessible pour fuir… c’est l’écran.
Un virtuel infini face à un réel limité.
Act III