Choisir une valeur plutôt qu’un objectif
Création, force, liberté, transmission, beauté. Une valeur guide mieux qu’une to-do list.
On avance, mais vers quoi ?
Moins de transcendance, plus d’optimisation : le quotidien devient sec.
Act I

Tu fais ce qu’il faut.
Tu avances. Tu travailles. Tu étudies. Tu construis des projets.
Objectivement, tout va plutôt bien.
Et pourtant, une question revient en arrière-plan : pourquoi ?
Pendant longtemps, les humains vivaient avec l’idée de servir quelque chose de plus grand qu’eux.
Élever leur âme, honorer des dieux, transmettre, laisser une trace.
Des monuments comme les pyramides de Gizeh, les cathédrales ou les temples mayas n’ont pas été construits pour le profit.
Ils répondaient à un besoin de sens, de sacré, de dépassement.
Plus récemment, d’autres récits ont porté l’humanité.
La conquête de l’espace. L’exploration du monde. L’apparition d’Internet.
Des promesses vertigineuses, des révolutions qui donnaient le sentiment d’aller quelque part.
Aujourd’hui, ces récits semblent avoir atteint une forme de plafond.
Les progrès continuent, mais ils impressionnent moins. Ils optimisent plus qu’ils ne font rêver.
“Le problème n’est pas que la vie soit difficile. C’est qu’elle ne raconte plus rien.”

La projection : imaginer un futur désirable devient difficile.
La motivation profonde : autre chose que la pression ou la peur.
Le goût de l’effort long : tout paraît lourd, inutile, trop lent.
La joie simple d’exister sans objectif précis.

Création, force, liberté, transmission, beauté. Une valeur guide mieux qu’une to-do list.
Un projet long, imparfait, lent. Le sens naît souvent de la continuité.
Art, musique, écriture, lecture. Ce qui ne sert à rien nourrit souvent l’essentiel.
Salle de sport, atelier, café, club. Le sens passe aussi par l’appartenance.
Aider, transmettre, coacher, créer pour d’autres. Le sens se partage.
Hebdomadaires ou mensuels. La répétition transforme le temps en histoire.
Le sens ne revient pas d’un coup.
Il se reconstruit par des gestes, des rythmes, une posture.
La dernière étape n’est pas une solution miracle, mais une pratique quotidienne : réenchanter.
Act III